lundi 26 mars 2018

Derrière la vitre embuée


Voilà,
derrière la vitre embuée du bus, les silhouettes au dehors ressemblent à des spectres. Tu voudrais penser à autre chose, mais ton réseau social tient de plus en plus souvent de la rubrique nécrologique. Tant de gens qui disparaissent. Bien sûr, tu as beau savoir que c'est dans l'ordre des choses, ça te déprime quand même un peu. 
Sinon, pêle-mêle, le livre acheté samedi dernier, en compagnie de ma fille, chez le bouquiniste de la rue Vavin, une vieille édition de poche publiée par Gallimard dans les années cinquante, regroupant trois romans durs de Simenon que je ne connaissais pas. Sur la page de garde, le nom de Monique Mélinand. Je ne sais pas si c'est celle qui fut la compagne de route de Louis Jouvet. Le premier roman intitulé "Ceux de la soif", écrit à Tahiti en 1935, raconte la vie d'une petite communauté d'européens dans une île des Galapagos. Un roman moite, à l'ambiance malsaine, qui fait par moment penser à la nouvelle "Un avant-poste du progrès" de Conrad. L'écriture est précise, apparemment simple, en tout cas dénuée de fioritures. Récit d'une lente dégradation dans laquelle Simenon excelle bien souvent. Le soir je suis allé voir "Mille Francs de récompense" de Victor Hugo, dans une mise en scène enlevée et efficace. J'y ai retrouvé par hasard quelques vieilles connaissances que je n'avais pas vues depuis longtemps et c'était plutôt sympathique. Dimanche a été une journée assez blanche, mais en regardant les programmes de cinéma, j'ai vu qu'on donnait "The Master" de Paul Thomas Anderson tourné en 70mm avec Joaquin Phœnix et Philippe Seymour Hoffman, tous deux saisissants. Le film qui raconte les rapports ambigus entre le guru d'une secte naissante et un vétéran de la guerre du Pacifique, passablement déjanté et alcoolique n'a pas eu je crois une très bonne presse lorsqu'il est sorti, mais pour ma part, je l'ai beaucoup aimé. Je suis ensuite rentré à pied chez moi, depuis la rue Monge puisque dans cette ville on ne trouve plus de vélo en libre service depuis que la mairie de Paris a changé d'exploitant. Finalement c'était aussi bien de marcher que de pédaler. Sinon, c'est l'heure d'été, mais il fait encore bien frais et le printemps tarde à venir. La semaine recommence et elle n'est pas très emballante la semaine qui vient. Je n'avance pas beaucoup dans mes travaux.  Pas beaucoup d'idées une grosse flemme. J'aimerais bien être ailleurs. Faire le touriste. Je peux toujours rêver. De toute façon je suis dans un tel déni de ma situation réelle. Cela frôle l'inconscience. Ou peut-être ai-je atteint le stade du renoncement.

4 commentaires:

  1. Ah le stade du renoncement, peut-être le meilleur état de la vie, en tout cas celui prôné par une école de philosophie (dont le nom m'échappe et que je renonce à rechercher !).

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  2. How old is your daughter Kwarkito? If it is difficult to find joy in your situation, she will always be there oui! You need to read something more uplifting.. moist unhealthy novels must be avoided ☺

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  3. Yes---- much in life is moist and unhealthy. I suspect there are many hidden treasures in your heart.

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  4. I like this picture very much.

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