mercredi 31 mai 2017

Polytope

Voilà,
dans une émission radiophonique du dimanche matin, j'entends par hasard un des passages les plus connus de "La Messe pour le Temps présent" de Pierre Henry et Michel Colombier. J'essaie de retrouver les images que cela convoque. Si cet opus a été créé en 1967 pour un ballet de Béjart joué cette année là ainsi que la suivante au Festival d'Avignon, ce morceau a en outre, souvent été diffusé dans les années soixante-dix sur les radios et dans les publicités. Je me souviens avoir, chez les disquaires où je rôdais dans mes premières années parisiennes, été intrigué par les pochettes argentées d'une collection dédiée aux compositeurs de musique contemporaine intitulée prospective du 21ème siècle, chez Phillips. Oui à cette époque là, le Futur était argenté. D'ailleurs, dans la douceur du printemps 1973, (l'année où grâce au hasard de nouvelles rencontres, j'ai saisi l'occasion de me soustraire de la vision étriquée du monde que m'imposait une famille de militaires), j'ai assisté à cet événement intitulé "Le polytope de Cluny" de Ianis Xenakis, en compagnie de Delphine et Agnès qui étaient mes nouvelles amies.


C'était peu de temps avant que nous ne "sortions ensemble" avec Agnès (l'expression "sortir ensemble" avait quelque chose de paradoxal puisqu'elle désignait une activité consistant à trouver du temps et des endroits clos et peu fréquentés afin de se livrer à des attouchements que la morale réprouvait). Bref, nous étions allés voir cette œuvre, tous les trois, sur la recommandation de leur père, Philippe. C'était en mai. La photo mise en lien suggère assez bien l'état d'abandon et de lascivité que pouvait engendrer une telle performance. Ensuite, profitant de la tiédeur du soir, nous étions allés faire une longue promenade sur les quais. Je crois que les filles se sont déchaussées pour marcher pieds nus. Parfois on s'asseyait au bord du fleuve. On a traîné jusque tard. Est ce que c'est ce soir là où bien le lendemain, profitant de l'absence de ses parents que je suis resté dormir avec Agnès. Ça je m'en souviens c'était le 31 mai qui, cette année là était la fête de la Visitation. Toute la nuit à s'étreindre assez chastement d'ailleurs. Je me rappelle de l'album de Pink Floyd "Atom Heart Mother". Et de Graeme Allwright. Et du "5" de Soft Machine. Et du bonheur intense de cette étreinte.

dimanche 28 mai 2017

Relief


Voilà,
juste la lumière sur des formes créées à partir de matières synthétiques au rebut. J'ai eu cette envie, tout à coup en fin d'après-midi. J'y avais bien pensé il y a quelques jours mais pas tout à fait de cette manière. C'était une journée étrange. Peut-être à cause des ces fortes et soudaines chaleurs, d'une climatisation dans un musée, de la pollution urbaine ou du pollen, hier soir j'ai senti que quelque chose n'allait pas, et aujourd'hui je me suis senti fiévreux, flagada, avec le nez qui me piquait et la gorge douloureuse, si bien que je ne suis guère sorti de chez moi, malgré un réveil aux aurores. Cette forme indéfinie, ces plis ces froissements, c'est simplement une proposition pour donner du relief à une journée qui n'en a pas eu beaucoup. Et puis j'étais contrarié d'être aussi peu opérationnel précisément le jour de mon anniversaire alors que j'ai tant de choses à faire. Malgré tout j'aurais réalisé cette image dont le rendu m'intrigue, parce qu'elle ne ressemble à rien de ce que j'ai coutume de bidouiller.

vendredi 26 mai 2017

Jeudi de l'Ascension à Paris


Voilà,
hier, jeudi de l'Ascension, j'ai fait le touriste du côté de la butte Montmartre et pris quelques photos. Il faisait très chaud et tout à coup une ambiance estivale a envahi Paris pour ce long week-end de vacances. Parfois, je me plais à imaginer que je suis parfaitement étranger à cette ville en la regardant tout autrement. Lui, par exemple, qui fait du jonglage au pied de cette grosse meringue qu'est le Sacré-Cœur, je ne l'avais encore jamais aperçu. Cela faisait longtemps aussi que je n'avais pas utilisé de grand-angle : la photo aurait un petit côté seventies, si ce n'était la femme de dos avec son smartphone et la foule au fond où beaucoup de gens le bras levé brandissent un petit appareil (linked with The weekend in black and white)

mercredi 24 mai 2017

Prosopagnosie


Voilà,
il fait jour paraît-il parce quelqu'un parle. Moi, c'est au cœur de la nuit que je les entends murmurer. Ils discutent entre eux et de leur secret conciliabule je ne perçois que bribes incohérentes. Une voix chuchote que la fraise est un petit fruit rouge qui ressemble au bout des mamelles des nourrices. Une autre susurre que le mal est comme un point de pourriture sur un fruit. Oui renchérit un enfant "sa puissance de contamination est considérable". Parfois quelques rires étouffés. Se moque-t-on de moi ? Il me semble être mort tant de fois déjà. Pourtant là maintenant je ne me sens vraiment pas prêt. Si l'on pouvait repousser l'échéance ça m'arrangerait, car je connais une fille qui a la fâcheuse habitude de mettre fin à ses aventures amoureuses dans les jours précédant Noël, et j'ai encore plein de trucs à lui dire. Se souvient-elle encore de moi au moins ? Si c'est une plaisanterie j'aimerais autant qu'elle cesse de suite. Ai-je parlé ? Ai-je voulu parler ? Au lieu de quoi c'est un grognement rauque et inarticulé qui est sorti de ma gorge. Peut-être même un râle. Vais je donc finir comme une bête ? Ils me semble qu'ils se tournent vers moi. Les visages, je n'ai jamais su les reconnaître, c'est pas maintenant que ça va s'arranger. Derrière eux tout un peuple de grimaces. Normal après tout, c'est bien comme ça que cela doit finir. C'est à cela qu'on m'invite ? Quelqu'un dit que Paul Brachet été embauché comme souffleur assermenté au Théâtre des Faux-Semblant 291 Boulevard du temps qui passe. On parle donc encore de moi ? J'ai comme l'impression que désormais il faudra meubler les interstices. Je vous en supplie si l'on doit défiler devant ma bière qu'on me grime en clown. Qu'on m'affuble d'un nez rouge pour en finir avec ce qui n'aura été qu'une sombre farce une piteuse mascarade.

mardi 23 mai 2017

Un autre Tatouage

 

Voilà ,
Ce qui  est bien avec le métro, c'est que même si tu n'as rien à lire, tu peux toujours t'occuper les yeux. Cette jeune femme neo-gothique avait quelque chose d'un work in progress, pas très abouti ni très inspiré, il est vrai, mais au moins ai-je trouvé là, quelqu'occasion de divertissement. Les gens tout de même ont parfois de drôles de façon de traiter leur corps. Au moins cela me donne-t-il l'opportunité d'augmenter la collection que je voulais autrefois entreprendre. Il vaut mieux que je m'en tienne à des sujets futiles. Allez au boulot, je suis en retard.

lundi 22 mai 2017

Appartenir à autre chose


Voilà,
"parfois, la nuit, je ferme les yeux et je vois apparaître une suite de petits tableaux, très fugaces mais très nets (aussi nets que le monde extérieur) : il y a là des personnages étranges, des dessins et des signes symboliques, des nombres (j'ai déjà vu aussi des nombres) etc. Et parfois — sensation très curieuse — j'ai tout à coup l'impression d'appartenir à autre chose." Fernando Pessoa (Fragments d'un voyage immobile)

dimanche 21 mai 2017

Barque, Vache et Cocotiers


Voilà,
cette image prise en 2010 je m'étonne de ne pas l'avoir déjà publiée. Je me souviens vaguement des circonstances dans lesquelles elle fut prise. J'étais en compagnie d'une femme agaçante, et de son fils qui l'était encore plus. Elle avait loué une chambre dans la même résidence que moi et m'avait proposé de partager sa voiture pour aller à Grande-Terre, et plus particulièrement à Deshayes visiter le jardin botanique situé dans l'ancienne propriété de Coluche. Bien évidemment lorsque j'avais accepté sa proposition je n'avais pas imaginé qu'elle serait aussi bavarde et sa conversation si stupide. Derrière, alors que nous traversions des paysages surprenants son crétin d'enfant ne décollait pas de sa bruyante console de jeu. J'avais envie de le gifler. En plus elle me racontait ses déboires sentimentaux, et franchement, j'en avais rien à branler, parce que de ce côté là, j'en avais alors plus que mon compte. A un moment elle a voulu s'arrêter, pour le point de vue. Oui pourquoi pas, cela me reposerait un peu de ses jacasseries. La proximité de la vache de la barque et de la mer sur fond de cocotiers, ça m'a tout de suite plu. C'était en même temps saugrenu et terriblement banal. Mais d'une banalité exotique. Cela rappelait ces illustrations d'autrefois où tout est sa place. Cette vue aiguisait ma sensation de n'être que pure fiction, quelqu'un qui n'existait pas vraiment. Il m'arrive souvent de m'éprouver dans la réalité comme une anomalie et parfois même presque comme une sorte de fantôme. Sans doute le fait d'avoir entendu très tôt dans mon enfance que j'étais encombrant coûteux et qu'on aurait mieux fait de se passer de moi ("qu'est ce que j'ai fait pour mériter ça", s'exclamait parfois la génitrice) y est probablement pour quelque chose : ça vous tient des années et ça incite à la discrétion. Bref, ce 1/125 ème de seconde, cet ici-et-maintenant, me transportait dans une autre dimension, celle du repos, d'une sorte d'Oubli. C'est ça peut-être le paradoxe qui parfois est au principe de certains clichés : photographier non pour se souvenir mais pour s'oublier. Et aussi pour ne pas perdre de vue qu'on n'est simplement que de passage, contingent et qu'il n'y a pas plus de raison de se trouver ici plutôt que là, ni d'être ceci plutôt que cela. Oui à cet instant, peut-être ai-je secrètement, intensément désiré être la vache la barque ou un cocotier. (linked with the weekend in black and white)

lundi 15 mai 2017

Ma Rue


Voilà,
"la pluie cesse, et il en reste, un instant, une poussière de diamants minuscules, comme si, de là-haut, on secouait des miettes d'une grande nappe azurée." Fernando Pessoa in "Le Livre de l'Intranquillité" (linked with the weekend in black and white)

dimanche 14 mai 2017

Mose Allison et des souvenirs qui viennent


Voilà,
j'aime toujours autant la voix de Mose Allison, et aussi la façon dont il fait sonner son piano comme si les notes glissaient grâce à ce toucher délicat sur le clavier. Parfois même il lui arrive d'être à la fois virtuose et désinvolte. Je l'ai découvert un soir vers l'âge de quinze ans en enregistrant au hasard sur mon mini K7 des morceaux qui passaient à la radio. C'est comme ça que j'ai entendu pour la première fois "One Room Country Shack", enchaîné au "Take this Hammer" de Leadbelly. Comme je n'avais pas retenu les titres et le nom des chanteurs, et qu'à l'époque il n'y avait pas toutes les possibilités permettant de retrouver la trace d'un morceau retransmis à l'antenne, ces deux chansons et leurs interprètes restèrent énigmatiques pendant des années. Même si désormais la question ne se pose plus, puisque l'on sait que le tronc commun de l'humanité est l'Afrique, j'ai d'ailleurs longtemps cru que pour aussi bien chanter le blues la voix de Mose Allison était celle d'un homme noir. J'aimais sa douceur veloutée, et l'humour désabusé qu'elle distillait. C'était ce temps au sortir de l'enfance où je m'endormais le soir avec la radio. Les morceaux que j'y entendais me faisaient parfois voyager dans des mondes imaginaires, inconnus, où vers des régions qu'il me semblait possible de visiter un jour. Il faudrait que j'en parle un peu plus précisément un jour. Certaines photos de Bill me font bien évidemment aujourd'hui penser à ce morceau "One room Country Shack", et je suis heureux de retrouver grâce au web des paysages autrefois rêvés dans lesquels je me laissais dériver au gré de mon imagination. C'était le temps où la vie semble vaste et ouverte à tous les horizons. À l'époque j'habitais rue de la Montagne-Sainte-Geneviève dans l'enceinte de l'Ecole Polytechnique où travaillaient mes géniteurs. Je traînais beaucoup dans le quartier à mes heures perdues. J'aimais particulièrement cette vieille boutique non loin, que j'ai prise en photo dans le courant des années 90, craignant qu'elle ne disparaisse complètement. C'était une ancienne armurerie transformée à l'époque en dépôt de journaux-papeterie, avant de devenir une librairie. Maintenant on y vend des charcuteries et autres spécialités culinaires corses, je crois, et la façade a complètement changé


     

samedi 13 mai 2017

Je-ne-sais-quoi


Voilà,
C'est le hasard, l'accident photographique, l'énigme totale. Je ne sais pas quand ni comment ni à que l'endroit l'appareil s'est déclenché. Je suis incapable d'identifier le lieu ou l'objet de cette image. Est ce un fond de poche, un sac, autre chose, je n'en sais rien. Cela ne représente rien, c'est simplement advenu, en deçà ou au delà de moi. C'est juste une forme contingente un pli éphémère, une réalité interstitielle. C'est en quelque sorte la forme avérée du peu, de l'à-peine, du minuscule, du microphénomène. C'est presque-rien, c'est je-ne-sais-quoi. Cela ne procède d'aucune intention, d'aucun projet. C'est totalement dénué de sens. Sans que je ne le sache ni le présume, cela pourtant a existé tout près de moi. C'est là. Une trace impossible à interpréter.

jeudi 11 mai 2017

Se changer en musique


Voilà,
J'ignore d'où viennent les ténèbres, je crois cependant qu'elles proviennent du même endroit que la lumière, et je crois aussi qu'elles s'abattent parce que nous les laissons le faire. Je crois qu'il est difficile de chercher la lumière, souvent très difficile, et je crois aussi que personne ne va la chercher à notre place. Ni Dieu, ni Jésus, qui aurait peut-être mieux fait d'être femme car le monde en aurait été différent et meilleur [...] Si nous ne nous mettons pas en route nous-mêmes, la vie se tarit. Nous devons vivre pour triompher de la mort, c'est la seule chose que nous puissions faire. Si nous vivons comme nous le pouvons, et si possible un peu mieux encore, alors la mort ne nous vaincra jamais. Nous ne mourrons pas, nous deviendrons simplement autre chose. Je ne connais pas les mots qu'il faut, je veux dire, pour décrire ça. Peut-être nous changerons-nous simplement en musique. Jon Kalman Stéfansson in "Le cœur de l'homme"


mercredi 10 mai 2017

Mongolz


Voilà,
c'est presqu'un collage à la Godard, aperçu sur une colonne située à proximité de la cinémathèque française. La photo du film "Le Mépris", la citation de Jean-Paul II, le graffiti juste en-dessous. Rencontre improbable et cependant advenue d'éléments disparates. J'ai pris ça un jour étrange, le 7 mai 2017 après avoir visionné deux courts métrages de Jean Eustache assez peu à mon goût. J'ai aussi croisé Didier que je n'avais pas vu depuis longtemps, et j'ai pensé que peut-être nous n'aurions plus tant d'occasions que ça de nous voir, À présent c'est à cette phrase de Marcel Proust que je songe : "Les intérêts de notre vie sont si multiples qu'il n'est pas rare que dans une même circonstance les jalons d'un bonheur qui n'existe pas encore soient posés à côté de l'aggravation d'un chagrin dont nous souffrons".  Est-ce la nouvelle situation politique qui me fait y penser, ou bien autre chose ? Quoiqu'il en soit la photo me plaît bien.

dimanche 7 mai 2017

Le nouveau Président


Voilà,
le nouveau président a ce qu'on appelle paraît-il "les dents du bonheur".
Qu'il en profite car c'est maintenant que soucis et problèmes vont s'accumuler.
Je lui souhaite de ne pas manquer de courage ni de discernement. 
Il a désiré ardemment être là.
J'espère qu'il n'aura pas été trop présomptueux.
C'est la première fois en tous cas que le Président français parle mieux anglais que celui des Etats-Unis 
et qu'il est plus jeune que moi


près du palais des sports de Paris Bercy où se tient le championnat du monde de hockey sur glace
j'ai vu aujourd'hui quelqu'un qui buvait à la santé de la France
(qui en effet n'est pas très en forme, même si on a évité le pire)

jeudi 4 mai 2017

Sourire aux Passants


Voilà,
"Parfois un inconnu te regarde fixement 
Et tu as l'espoir qu'il puisse te consoler
Mais il baisse ses yeux sur ses lacets
Car il ne peut soulager ton tourment
Ne sois pas pessimiste pour autant
Et quand ils te parlent, souris aux passants
Nul ne peut voir comment tu es en-dedans"
                                        Erich Kaestner

mardi 2 mai 2017

Tout près du Palais de l'Elysée


Voilà,
on passe Rond-Point des Champs-Elysées, à deux pas du palais présidentiel et l'on peut voir ça. Toute cette pauvreté est indigne des grands pays européens. On vit soit-disant dans la sixième économie mondiale et le nombre de gens subclaquant dans la rue ne cesse d'augmenter depuis vingt ans. Déjà, il y a six ans j'avais pris une semblable photo au même endroit. Les présidents passent, les sans-domicile demeurent, si je peux me permettre ce mauvais jeu de mot, et il est vraisemblable qu'on en sera encore là d'ici quelques années.

lundi 1 mai 2017

La Laideur


Voilà,
sans doutes modelées par des enfants — les enfants adorent les monstres — ces affreuses petites sculptures, aperçues il y a quelques années dans la devanture d'un atelier de poterie de la rue Daguerre, et qui se tenaient là depuis si longtemps parmi mes brouillons sans que je ne sache trop qu'en faire, me paraissent — eu égard aux temps troubles que nous traversons ces temps-ci — finalement bien d'actualité et somme toute à l'image de ce condensé de bêtise, d'abjection, de prétention, d'arrogance de méchanceté que constitue depuis quelques mois ce réseau social de couleur bleue où je m'attarde trop souvent. C'est un fait avéré, la période électorale rend les gens débiles. Mais la possibilité de s'exprimer par écrit, dans le confort de son appartement, de donner libre cours à sa pensée, sans que celle-ci ne constitue pour autant une réflexion, exacerbe la bêtise qui est une chose très largement partagée. Ce qui effraie, c'est aussi la propension à l'apostrophe à l'insulte, au sectarisme, non sans quelque grossièreté comme j'ai pu le constater parfois chez certains "amis de mes amis". Il arrive même que le mépris, la haine pointent dans certains propos. "J’imagine qu’une des raisons pour lesquelles les gens s’accrochent à leurs haines avec tellement d’obstination, est qu’ils sentent qu’une fois la haine partie, ils devront affronter leurs souffrances." disait James Baldwin. La justesse de cette intuition n'en est par pour autant rassurante. Je crains que malheureusement cette période de tensions soit appelée à durer sinon à empirer. Comme si, pour remédier à son ennui, cette nation n'entrevoyait d'autre choix que celui de céder à une pulsion mortifère, à un désir sourd d'anéantissement, de violence, de destruction, bref de s'abandonner à la laideur dont elle a, tant de fois déjà au cours de son histoire, été si durablement éprise.