lundi 26 juin 2017

Un Dimanche au Musée de l'Homme


Voilà,
le dimanche passé seul, à visiter des lieux inconnus, comme le Mona Bismarck American Center ; je suis resté un moment lire à l'ombre d'un grand platane dans le jardin où des chaises longues ont été disposées, ainsi qu'une terrasse de restaurant. Puis le Musée de l'Homme dans son nouvel agencement, absolument remarquable, où je ne tarderai pas à revenir, tant il est agréable d'y déambuler. Cette envie de nouveauté, d'étonnement liée sans doute au sentiment accru ces derniers jours de la fragilité de l'existence. Toute la journée cependant j'ai eu du mal à reprendre mon souffle et n'ai cessé de me sentir inquiet, oppressé. Il m'est de plus en plus pénible de vieillir dans un air vicié.

dimanche 25 juin 2017

Little Wing



Voilà,
depuis quelques jours, "Little Wing" me hante, s'insinue dans ma tête, au matin lorsque je me réveille, dans la rue quand je marche, ou bien encore au musée comme ce fut le cas lorsque j'ai pris cette photo au Palais de Tokyo hier dans la soirée, au supermarché, ou encore lors d'une conversation. Parfois même exige d'être fredonnée  — fort mal, mais qu'importe — sur le vélo quand je me promène ou sur le balcon quand j'arrose les plantes. Aucune raison à cela. Mon cerveau me joue des tours. il ne produit plus beaucoup de pensées. Il n'aide pas à la concentration. Il ne donne pas volontiers les mots. Il fait des fautes d'orthographes. Il bat un peu la campagne. mais il se souvient de cette version si pure si parfaite sur l'album "In the West" : Well she's walking through the clouds / With a circus mind / That's running wild  / Butterflies and zebras and moonbeams / And fairly tales / That's all she ever thinks about / Riding the wind / When I'm sad she comes to me / With a thousand smiles / She gives to me free / It's alright, she says /It's alright / Take anything you want from me /Anything / Fly on, little wing, 



samedi 24 juin 2017

Et que ça saute !


Voilà,
Hier soir, après avoir vu "Leo the last" de John Boorman à la cinémathèque, — film qui a tout de même beaucoup vieilli —j'ai un peu traîné dans les jardin de Bercy où j'ai photographié ces gens qui suivaient un cours de gymnastique collective. J'ai ensuite loué un vélib' et suis rentré à la maison. Aujourd'hui a été une journée bizarre, assez oisive. Je n'ai pas fait grand chose à part regarder ce matin le match des All Blacks contre la sélection des Lions Britanniques et irlandais, et quelques courses pour remplir le congélateur. En fin d'après midi, vu une expo sur les Dioramas au palais de Tokyo. Quelques photos. N'ai de la journée parlé à personne à part ma fille qui est venue manger des mochis glacés à la maison en début d'après-midi. Je dors mal la nuit, la journée je me fatigue vite. Je n'ai pas beaucoup d'envie, je ne parviens pas à me concentrer, bref je suis loin d'avoir l'énergie de tous ces gens.

vendredi 23 juin 2017

Travesti


Voilà,
cette photo prise en juin 2012, lors de la Gay-Pride, je l'ai retrouvée en regardant celles réalisées durant le printemps de cette année-là un peu avant et tout de suite après les élections présidentielles. Parcourir du regard toutes ces images donne la mesure du temps qui passe et suggère aussi de se livrer à un petit bilan personnel. Elles rappellent d'autre part, combien le désenchantement a été énorme durant ce quinquennat, et François Hollande incapable de porter un programme, d'incarner une vision, un projet qui eût donné quelqu'élan à ce pays, en particulier concernant la question sociale, si négligée. Nous étions pourtant plutôt heureux de nous être débarrassés de Sarkozy... Aujourd'hui, nous avons un jeune président, qui aura sans doute au cours de son quinquennat à faire l'éloge funèbre de deux de ses prédécesseurs, et vraisemblablement aussi de Johnny Hallyday de Charles Aznavour et de quelques autres auxquels je ne pense pas. Lui qui a été élu pour empêcher une fasciste incompétente d'accéder au pouvoir par une population qui ne croit plus en grand chose, en tout cas assez peu au discours de ses dirigeants et mandataires, souhaitons simplement qu'il soit à la hauteur de la mission qui est lui est confiée et s'il ne l'est pas, qu'il ne soit en tout cas pas aussi nul que son prédécesseur. (linked with The weekend in black and white)

mardi 20 juin 2017

Message dans une Bouteille


Voilà,
la chanson il s'en souvient bien sûr ! Certains paysages, des situations précises y sont associées. Il peut même convoquer les sensations qui étaient alors les siennes. Mais tout à coup il ne se rappelle plus le nom du groupe, un groupe de chanteuses noires pense-t-il avec une soliste connue qui a fait carrière plus tard sous son propre nom. Il ne cherche plus, il n'insiste pas. Cela lui arrive de plus en plus souvent. Il faut se faire une raison. Les noms échappent, est-ce pour cette raison qu'il se retranche de plus en plus du monde. Pour ne pas être pris en flagrant délit d'oubli. C'est comme cette personne dont le nom se dérobe bien qu'il la connaisse depuis des années et qu'il l'ait croisée il y a peu. Cela n'ira pas en s'arrangeant il le sait. De plus en plus souvent, Pierre Barbaroux erre dans un état cotonneux, comme si il était transparent, fantomatique, non pas avançant avec densité dans le monde mais pareil à une brume, un nuage. Autrefois il avait aimé ces états là, les recherchant même. À présent ils le perturbent. Comme si la vie ou la conscience d'appartenir totalement à la communauté des vivants se dissipait. Certains lieux, cependant demeurent pour lui comme des îlots. Il ne s'y perd jamais et les souvenirs viennent à lui précis, intenses. Et c'est comme s'il recueillait, sur une plage, une bouteille jetée autrefois à la mer par l'enfant qu'il fut il y a bien longtemps.

dimanche 18 juin 2017

Une Femme perdue


Voilà
comment ç'est arrivé : c'était il y a quelques mois déjà je suis sorti du métro Denfert, et là passant devant le café "Le Rendez-vous" j'ai aperçu Benoît en terrasse. Il m'a invité à m'asseoir à sa table, et comme ça faisait un petit moment que nous nous étions vus, on a commencé à se donner des nouvelles. En buvant mon spritz, j'ai remarqué cette femme étrange et belle avec son livre de photos sur Kennedy qui non loin semblait faire les cent pas. J'ai tout d'abord pensé que c'était quelqu'un qui avait un rendez-vous genre Tinder ou Meetic. Elle marchait de long en large devant le café. Je ne pouvais m'empêcher de la regarder du coin de l'œil. Elle m'intriguait vraiment avec sa fourrure son chapeau et son livre. Elle avait un certain style. Nos regards se sont croisés et là elle s'est approchée. Elle nous a dit qu'il fallait se méfier des réseaux sociaux et de l'internet. Oui bon d'accord. Et puis là, tout de go elle a commencé à parler de Giscard d'Estaing et j'ai soupçonné que quelque chose clochait. Quand elle a évoqué Guichard, Boulin, Chaban-Delmas et tout un tas d'hommes politiques dont peu de personnes désormais se souviennent, j'ai compris qu'elle était vraiment naze et coincée au début des seventies. Elle devait être sous médicaments et tout son discours était une sorte de délire paranoïaque et complotiste assez incohérent. Je faisais parfois quelques relances, histoire de ne pas la laisser parler toute seule. Benoît était visiblement gêné, et je sentais bien qu'il me désapprouvait. Il avait envie qu'elle se casse, moi aussi d'une certaine façon, mais au fond, peut-être que je la trouvais plus intéressante qu'il ne l'était. En fait j'ai continué la conversation pour pouvoir voler discrètement une image. J'ai cadré un peu à la sauvette avec mon IPhone, sans contrôler et fait quelques photos. Ce n'était pas fameux, à part celle-ci, certes un peu floue, mais qui me plaît tout de même. Evidemment au bout d'un moment elle délirait tellement qu'on s'est dit qu'il fallait y aller. On s'est poliment excusés, et puis on a pris la tangente chacun dans sa direction, la laissant seule à ses élucubrations.

vendredi 16 juin 2017

La Fin du Jour


Voilà,
il y a deux jours pour me changer les idées je suis allé, dans la soirée, du côté de l'île Seguin autrefois bastion ouvrier (puisque c'est là que se trouvaient les anciennes usines Renault). Tout a été détruit ces dernières années de sorte que plus rien ne subsiste de ce passé. François Bon en a fait état il y a quelques années dans son blog et dans des publications. A une extrémité de l'île, le réaménagement a commencé par l'édification d'une salle de concert, un fort beau bâtiment des architectes Shigeru Ban et Jean de Gastines. Je crois comprendre que l'île sera transformée en un vaste espace culturel essentiellement subventionné par le département qui est un des plus riches de France, et par des fonds privės. Elle est reliée à Boulogne-Billancourt par une très belle passerelle sur laquelle des gens ce soir là pique-niquaient. Juste en face, Billancourt qui était autrefois une ville ouvrière a fait l'objet d'un réaménagement urbain. À présent une sorte de ville nouvelle pour des résidents de haut standing a été bâtie en lieu et place d'usines qui s'y trouvaient. J'avais en rentrant par ce côté l'impression de me retrouver, comme au sud de Manhattan, dans un ghetto de riches dont je n'avais pas soupçonné l'existence, car je ne viens jamais dans ce coin. Je crois que j'y retournerai pour observer cela plus attentivement. J'ai pris cette photo au crépuscule, depuis un jardin en terrasse qui surplombe la salle de spectacles dont on n'aperçoit ici que le sommet. J'aime l'aspect futuriste de l'image qui me fait songer à des couvertures de livres de science-fiction de mon enfance. (Linked with the weekend in Black and White)

mardi 13 juin 2017

La Forêt


Voilà,
de nouveau chercher du répit dans l'exploration des formes. Se contraindre à des thèmes. Varier les techniques. S'imposer des procédures à respecter. Entretenir le trouble sur la surface. Multiplier les pistes. Que l'image ait un statut d'énigme. Qu'elle ne se livre pas en entier. Qu'elle soit comme une forêt trouble où l'on désire cependant s'enfoncer. Qu'elle ait la densité d'un cauchemar d'enfant. Echapper aux histoires aux anecdotes. Suggérer un chemin. Un état. Une confusion d'états et de sensations mêlés. Qu'elle soit aussi comme un exorcisme.

lundi 12 juin 2017

Hornes

 

Voilà,
c'est en 1988, à Londres et cela faisait dix ans que Margaret Thatcher était aux affaires. J'étais allé passer quelques jours chez Katie O., une jeune et riche anglaise à la santé mentale un peu fragile, dont j'avais fait la connaissance à Paris qu'elle avait quitté précipitamment quelques mois auparavant. A Kensington Gardens, quartier chic non loin de Portobello Road, elle partageait avec une copine un superbe appartement que lui avait acheté son père alors directeur d'un grand journal économique. En un an elle avait triplé de volume. Sans doute que sa consommation de bières combinée à celle d'antidépresseurs devait y être pour quelque chose. Son frigidaire rempli de bouteilles et de canettes ressemblait à celui de la cuisine de Nathalie Baye dans le film "Notre Histoire" de Bertrand Blier. Je jouais à l'époque "Les derniers jours de l'Humanité" de Karl Kraus, et j'avais profité d'un trou dans la tournée — c'était, je crois, après les représentations au Théâtre de la Bastille — pour un faire un saut là-bas. Après une longue période de tristesse, je commençais à me sentir un peu mieux. Durant cet intermède j'ai beaucoup traîné avec mon appareil en bandoulière. Un soir j'ai chopé ça. Cette femme avec son casque et son carton. Je ne sais pas pourquoi je n'ai jamais publié ces photos auparavant.

samedi 10 juin 2017

L'Essai de Sonny Bill Williams


Voilà,
L'essai de Sonny Bill Williams lors du match opposant la franchise néo-zélandaise des Blues d'Auckland à la sélection des Lions Britanniques et Irlandais exprime à merveille l'idée du surgissement en ce qu'il peut combiner puissance et vivacité. Son sens de l'anticipation ce flair qui l'amène à choisir de s'infiltrer au cœur du groupe adverse pour conclure l'action sidère parce qu'il allie l'audace à l'inspiration. A ce niveau là, cela tient autant du geste artistique que de l'exploit sportif. Il y a dans ce plongeon pour aplatir le ballon dans l'en-but adverse, toute la grâce de l'instant. L'esprit de ce jeu si singulier qu'est le Rugby tient dans cette action : le dépassement de soi, l'abnégation, la prise de risque. Sonny Bill Williams, connu pour être capable de passer la balle dans n'importe quelle position, et surtout quand l'adversaire croit l'avoir bloqué lui, peut aussi, à l'occasion s'affirmer comme un redoutable marqueur aussi efficace qu'intrépide.

vendredi 9 juin 2017

Métro Anvers, rue Briquet


Voilà,
cette photo je l'ai prise avant-hier, car ce point de vue sur Montmartre, m'a surpris, ayant une densité que je ne lui avais jamais reconnu et la qualité d'une première fois. Je ne traîne pas souvent dans ce quartier le soir, et quand j'y viens il est rare qu'il me paraisse aussi vide (mais évidemment il y a des raisons objectives pour qu'il soit vide à cette heure et à cette période de l'année). 
Cette vue donc me plaît. Peut-être aussi raconte-t-elle quelque chose qui m'échappe ou que je n'ai pas voulu laisser échapper, c'est selon. J'avais le choix. Je pouvais ne photographier que la rue vide. C'est beau aussi une rue vide. Mais j'ai distingué dans le viseur cette silhouette, et le fait que cette silhouette sombre soit une femme voilée m'a sans doute incité à attendre son apparition en premier plan sur l'image. Le contraste avec l'église du Sacré-Cœur toute blanche au style byzantin vaguement orientalisant m'intéressait aussi. Je n'ignore rien de ce que l'on peut faire dire à cette image ou raconter à partir d'elle. Donc on s'en tiendra juste à cela : j'étais près de la station Anvers, je pensais photographier une rue vide et une femme voilée qui téléphonait en marchant, est apparue dans le champ. (Linked with The week-end in black and white)

jeudi 8 juin 2017

Élections



Voilà,
je remercie le petit plaisantin qui s'est amusé sur les panneaux électoraux de la rue Saint-André-des-Arts, il a été très inspiré.

mardi 6 juin 2017

Un Tas de Cendres


Voilà,
entre le reste du monde et Bixente Ariloba s'interpose parfois, à certaines heures avancées de la nuit, la fugitive mais obsédante vision de ce corps autrefois si souvent désiré désormais réduit à un misérable petit tas de cendres. Dans le vertige où parfois se crispe l'éblouissant souvenir d'une folie partagée qui avait fini par les dévaster l'un et l'autre, la gorge brûle cependant d'un encore vivace et trop douloureux chagrin. Pendant quelques années il avait cru pouvoir oublier. Maintenant, il appréhende la nuit peuplée de fantômes et de questions. Il dort comme un fugitif. Sans trouver le repos. Sommeil comme le No man's land d'une frontière barbelée. 

vendredi 2 juin 2017

Louvre

Musée du Louvre 2010
Voilà,
j'imagine qu'à l'époque, c'est l'inscription de ce corps dans l'espace géométrique qui m'a saisi. Peut-être même ai-je attendu son passage. Je ne sais plus trop bien. Juste la conjugaison d'une intuition et d'un moment, c'est cela qui fait qu'on déclenche et ainsi le frêle ici-et-maintenant peut accéder à une relative permanence que lui confère son statut de photo. Mais la photo, je ne pouvais la regarder sereinement. Il y avait un truc raté bancal qui ne me plaisait pas. Quelque chose dans la perspective dans l'agencement des lignes qui me laissait insatisfait, me dérangeait si bien que pendant des années je me suis refusé à la publier. Du temps a passé et j'ai fini par la réinvestir d'une autre manière en la déformant pour de bon, de sorte qu'elle demeure désormais comme la trace exacerbée d'une frustration. (linked with the weekend in black and white)

mercredi 31 mai 2017

Polytope

Voilà,
dans une émission radiophonique du dimanche matin, j'entends par hasard un des passages les plus connus de "La Messe pour le Temps présent" de Pierre Henry et Michel Colombier. J'essaie de retrouver les images que cela convoque. Si cet opus a été créé en 1967 pour un ballet de Béjart joué cette année là ainsi que la suivante au Festival d'Avignon, ce morceau a en outre, souvent été diffusé dans les années soixante-dix sur les radios et dans les publicités. Je me souviens avoir, chez les disquaires où je rôdais dans mes premières années parisiennes, été intrigué par les pochettes argentées d'une collection dédiée aux compositeurs de musique contemporaine intitulée prospective du 21ème siècle, chez Phillips. Oui à cette époque là, le Futur était argenté. D'ailleurs, dans la douceur du printemps 1973, (l'année où grâce au hasard de nouvelles rencontres, j'ai saisi l'occasion de me soustraire de la vision étriquée du monde que m'imposait une famille de militaires), j'ai assisté à cet événement intitulé "Le polytope de Cluny" de Ianis Xenakis, en compagnie de Delphine et Agnès qui étaient mes nouvelles amies.


C'était peu de temps avant que nous ne "sortions ensemble" avec Agnès (l'expression "sortir ensemble" avait quelque chose de paradoxal puisqu'elle désignait une activité consistant à trouver du temps et des endroits clos et peu fréquentés afin de se livrer à des attouchements que la morale réprouvait). Bref, nous étions allés voir cette œuvre, tous les trois, sur la recommandation de leur père, Philippe. C'était en mai. La photo mise en lien suggère assez bien l'état d'abandon et de lascivité que pouvait engendrer une telle performance. Ensuite, profitant de la tiédeur du soir, nous étions allés faire une longue promenade sur les quais. Je crois que les filles se sont déchaussées pour marcher pieds nus. Parfois on s'asseyait au bord du fleuve. On a traîné jusque tard. Est ce que c'est ce soir là où bien le lendemain, profitant de l'absence de ses parents que je suis resté dormir avec Agnès. Ça je m'en souviens c'était le 31 mai qui, cette année là était la fête de la Visitation. Toute la nuit à s'étreindre assez chastement d'ailleurs. Je me rappelle de l'album de Pink Floyd "Atom Heart Mother". Et de Graeme Allwright. Et du "5" de Soft Machine. Et du bonheur intense de cette étreinte.

dimanche 28 mai 2017

Relief


Voilà,
juste la lumière sur des formes créées à partir de matières synthétiques au rebut. J'ai eu cette envie, tout à coup en fin d'après-midi. J'y avais bien pensé il y a quelques jours mais pas tout à fait de cette manière. C'était une journée étrange. Peut-être à cause des ces fortes et soudaines chaleurs, d'une climatisation dans un musée, de la pollution urbaine ou du pollen, hier soir j'ai senti que quelque chose n'allait pas, et aujourd'hui je me suis senti fiévreux, flagada, avec le nez qui me piquait et la gorge douloureuse, si bien que je ne suis guère sorti de chez moi, malgré un réveil aux aurores. Cette forme indéfinie, ces plis ces froissements, c'est simplement une proposition pour donner du relief à une journée qui n'en a pas eu beaucoup. Et puis j'étais contrarié d'être aussi peu opérationnel précisément le jour de mon anniversaire alors que j'ai tant de choses à faire. Malgré tout j'aurais réalisé cette image dont le rendu m'intrigue, parce qu'elle ne ressemble à rien de ce que j'ai coutume de bidouiller.

vendredi 26 mai 2017

Jeudi de l'Ascension à Paris


Voilà,
hier, jeudi de l'Ascension, j'ai fait le touriste du côté de la butte Montmartre et pris quelques photos. Il faisait très chaud et tout à coup une ambiance estivale a envahi Paris pour ce long week-end de vacances. Parfois, je me plais à imaginer que je suis parfaitement étranger à cette ville en la regardant tout autrement. Lui, par exemple, qui fait du jonglage au pied de cette grosse meringue qu'est le Sacré-Cœur, je ne l'avais encore jamais aperçu. Cela faisait longtemps aussi que je n'avais pas utilisé de grand-angle : la photo aurait un petit côté seventies, si ce n'était la femme de dos avec son smartphone et la foule au fond où beaucoup de gens le bras levé brandissent un petit appareil (linked with The weekend in black and white)

mercredi 24 mai 2017

Prosopagnosie


Voilà,
il fait jour paraît-il parce quelqu'un parle. Moi, c'est au cœur de la nuit que je les entends murmurer. Ils discutent entre eux et de leur secret conciliabule je ne perçois que bribes incohérentes. Une voix chuchote que la fraise est un petit fruit rouge qui ressemble au bout des mamelles des nourrices. Une autre susurre que le mal est comme un point de pourriture sur un fruit. Oui renchérit un enfant "sa puissance de contamination est considérable". Parfois quelques rires étouffés. Se moque-t-on de moi ? Il me semble être mort tant de fois déjà. Pourtant là maintenant je ne me sens vraiment pas prêt. Si l'on pouvait repousser l'échéance ça m'arrangerait, car je connais une fille qui a la fâcheuse habitude de mettre fin à ses aventures amoureuses dans les jours précédant Noël, et j'ai encore plein de trucs à lui dire. Se souvient-elle encore de moi au moins ? Si c'est une plaisanterie j'aimerais autant qu'elle cesse de suite. Ai-je parlé ? Ai-je voulu parler ? Au lieu de quoi c'est un grognement rauque et inarticulé qui est sorti de ma gorge. Peut-être même un râle. Vais je donc finir comme une bête ? Ils me semble qu'ils se tournent vers moi. Les visages, je n'ai jamais su les reconnaître, c'est pas maintenant que ça va s'arranger. Derrière eux tout un peuple de grimaces. Normal après tout, c'est bien comme ça que cela doit finir. C'est à cela qu'on m'invite ? Quelqu'un dit que Paul Brachet été embauché comme souffleur assermenté au Théâtre des Faux-Semblant 291 Boulevard du temps qui passe. On parle donc encore de moi ? J'ai comme l'impression que désormais il faudra meubler les interstices. Je vous en supplie si l'on doit défiler devant ma bière qu'on me grime en clown. Qu'on m'affuble d'un nez rouge pour en finir avec ce qui n'aura été qu'une sombre farce une piteuse mascarade.

mardi 23 mai 2017

Un autre Tatouage

 

Voilà ,
Ce qui  est bien avec le métro, c'est que même si tu n'as rien à lire, tu peux toujours t'occuper les yeux. Cette jeune femme neo-gothique avait quelque chose d'un work in progress, pas très abouti ni très inspiré, il est vrai, mais au moins ai-je trouvé là, quelqu'occasion de divertissement. Les gens tout de même ont parfois de drôles de façon de traiter leur corps. Au moins cela me donne-t-il l'opportunité d'augmenter la collection que je voulais autrefois entreprendre. Il vaut mieux que je m'en tienne à des sujets futiles. Allez au boulot, je suis en retard.

lundi 22 mai 2017

Appartenir à autre chose


Voilà,
"parfois, la nuit, je ferme les yeux et je vois apparaître une suite de petits tableaux, très fugaces mais très nets (aussi nets que le monde extérieur) : il y a là des personnages étranges, des dessins et des signes symboliques, des nombres (j'ai déjà vu aussi des nombres) etc. Et parfois — sensation très curieuse — j'ai tout à coup l'impression d'appartenir à autre chose." Fernando Pessoa (Fragments d'un voyage immobile)

dimanche 21 mai 2017

Barque, Vache et Cocotiers


Voilà,
cette image prise en 2010 je m'étonne de ne pas l'avoir déjà publiée. Je me souviens vaguement des circonstances dans lesquelles elle fut prise. J'étais en compagnie d'une femme agaçante, et de son fils qui l'était encore plus. Elle avait loué une chambre dans la même résidence que moi et m'avait proposé de partager sa voiture pour aller à Grande-Terre, et plus particulièrement à Deshayes visiter le jardin botanique situé dans l'ancienne propriété de Coluche. Bien évidemment lorsque j'avais accepté sa proposition je n'avais pas imaginé qu'elle serait aussi bavarde et sa conversation si stupide. Derrière, alors que nous traversions des paysages surprenants son crétin d'enfant ne décollait pas de sa bruyante console de jeu. J'avais envie de le gifler. En plus elle me racontait ses déboires sentimentaux, et franchement, j'en avais rien à branler, parce que de ce côté là, j'en avais alors plus que mon compte. A un moment elle a voulu s'arrêter, pour le point de vue. Oui pourquoi pas, cela me reposerait un peu de ses jacasseries. La proximité de la vache de la barque et de la mer sur fond de cocotiers, ça m'a tout de suite plu. C'était en même temps saugrenu et terriblement banal. Mais d'une banalité exotique. Cela rappelait ces illustrations d'autrefois où tout est sa place. Cette vue aiguisait ma sensation de n'être que pure fiction, quelqu'un qui n'existait pas vraiment. Il m'arrive souvent de m'éprouver dans la réalité comme une anomalie et parfois même presque comme une sorte de fantôme. Sans doute le fait d'avoir entendu très tôt dans mon enfance que j'étais encombrant coûteux et qu'on aurait mieux fait de se passer de moi ("qu'est ce que j'ai fait pour mériter ça", s'exclamait parfois la génitrice) y est probablement pour quelque chose : ça vous tient des années et ça incite à la discrétion. Bref, ce 1/125 ème de seconde, cet ici-et-maintenant, me transportait dans une autre dimension, celle du repos, d'une sorte d'Oubli. C'est ça peut-être le paradoxe qui parfois est au principe de certains clichés : photographier non pour se souvenir mais pour s'oublier. Et aussi pour ne pas perdre de vue qu'on n'est simplement que de passage, contingent et qu'il n'y a pas plus de raison de se trouver ici plutôt que là, ni d'être ceci plutôt que cela. Oui à cet instant, peut-être ai-je secrètement, intensément désiré être la vache la barque ou un cocotier.

lundi 15 mai 2017

Ma Rue


Voilà,
"la pluie cesse, et il en reste, un instant, une poussière de diamants minuscules, comme si, de là-haut, on secouait des miettes d'une grande nappe azurée." Fernando Pessoa in "Le Livre de l'Intranquillité" (linked with the weekend in black and white)

dimanche 14 mai 2017

Mose Allison et des souvenirs qui viennent


Voilà,
j'aime toujours autant la voix de Mose Allison, et aussi la façon dont il fait sonner son piano comme si les notes glissaient grâce à ce toucher délicat sur le clavier. Parfois même il lui arrive d'être à la fois virtuose et désinvolte. Je l'ai découvert un soir vers l'âge de quinze ans en enregistrant au hasard sur mon mini K7 des morceaux qui passaient à la radio. C'est comme ça que j'ai entendu pour la première fois "One Room Country Shack", enchaîné au "Take this Hammer" de Leadbelly. Comme je n'avais pas retenu les titres et le nom des chanteurs, et qu'à l'époque il n'y avait pas toutes les possibilités permettant de retrouver la trace d'un morceau retransmis à l'antenne, ces deux chansons et leurs interprètes restèrent énigmatiques pendant des années. Même si désormais la question ne se pose plus, puisque l'on sait que le tronc commun de l'humanité est l'Afrique, j'ai d'ailleurs longtemps cru que pour aussi bien chanter le blues la voix de Mose Allison était celle d'un homme noir. J'aimais sa douceur veloutée, et l'humour désabusé qu'elle distillait. C'était ce temps au sortir de l'enfance où je m'endormais le soir avec la radio. Les morceaux que j'y entendais me faisaient parfois voyager dans des mondes imaginaires, inconnus, où vers des régions qu'il me semblait possible de visiter un jour. Il faudrait que j'en parle un peu plus précisément un jour. Certaines photos de Bill me font bien évidemment aujourd'hui penser à ce morceau "One room Country Shack", et je suis heureux de retrouver grâce au web des paysages autrefois rêvés dans lesquels je me laissais dériver au gré de mon imagination. C'était le temps où la vie semble vaste et ouverte à tous les horizons. À l'époque j'habitais rue de la Montagne-Sainte-Geneviève dans l'enceinte de l'Ecole Polytechnique où travaillaient mes géniteurs. Je traînais beaucoup dans le quartier à mes heures perdues. J'aimais particulièrement cette vieille boutique non loin, que j'ai prise en photo dans le courant des années 90, craignant qu'elle ne disparaisse complètement. C'était une ancienne armurerie transformée à l'époque en dépôt de journaux-papeterie, avant de devenir une librairie. Maintenant on y vend des charcuteries et autres spécialités culinaires corses, je crois, et la façade a complètement changé


     

samedi 13 mai 2017

Je-ne-sais-quoi


Voilà,
C'est le hasard, l'accident photographique, l'énigme totale. Je ne sais pas quand ni comment ni à que l'endroit l'appareil s'est déclenché. Je suis incapable d'identifier le lieu ou l'objet de cette image. Est ce un fond de poche, un sac, autre chose, je n'en sais rien. Cela ne représente rien, c'est simplement advenu, en deçà ou au delà de moi. C'est juste une forme contingente un pli éphémère, une réalité interstitielle. C'est en quelque sorte la forme avérée du peu, de l'à-peine, du minuscule, du microphénomène. C'est presque-rien, c'est je-ne-sais-quoi. Cela ne procède d'aucune intention, d'aucun projet. C'est totalement dénué de sens. Sans que je ne le sache ni le présume, cela pourtant a existé tout près de moi. C'est là. Une trace impossible à interpréter.

jeudi 11 mai 2017

Se changer en musique


Voilà,
J'ignore d'où viennent les ténèbres, je crois cependant qu'elles proviennent du même endroit que la lumière, et je crois aussi qu'elles s'abattent parce que nous les laissons le faire. Je crois qu'il est difficile de chercher la lumière, souvent très difficile, et je crois aussi que personne ne va la chercher à notre place. Ni Dieu, ni Jésus, qui aurait peut-être mieux fait d'être femme car le monde en aurait été différent et meilleur [...] Si nous ne nous mettons pas en route nous-mêmes, la vie se tarit. Nous devons vivre pour triompher de la mort, c'est la seule chose que nous puissions faire. Si nous vivons comme nous le pouvons, et si possible un peu mieux encore, alors la mort ne nous vaincra jamais. Nous ne mourrons pas, nous deviendrons simplement autre chose. Je ne connais pas les mots qu'il faut, je veux dire, pour décrire ça. Peut-être nous changerons-nous simplement en musique. Jon Kalman Stéfansson in "Le cœur de l'homme"


mercredi 10 mai 2017

Mongolz


Voilà,
c'est presqu'un collage à la Godard, aperçu sur une colonne située à proximité de la cinémathèque française. La photo du film "Le Mépris", la citation de Jean-Paul II, le graffiti juste en-dessous. Rencontre improbable et cependant advenue d'éléments disparates. J'ai pris ça un jour étrange, le 7 mai 2017 après avoir visionné deux courts métrages de Jean Eustache assez peu à mon goût. J'ai aussi croisé Didier que je n'avais pas vu depuis longtemps, et j'ai pensé que peut-être nous n'aurions plus tant d'occasions que ça de nous voir, À présent c'est à cette phrase de Marcel Proust que je songe : "Les intérêts de notre vie sont si multiples qu'il n'est pas rare que dans une même circonstance les jalons d'un bonheur qui n'existe pas encore soient posés à côté de l'aggravation d'un chagrin dont nous souffrons".  Est-ce la nouvelle situation politique qui me fait y penser, ou bien autre chose ? Quoiqu'il en soit la photo me plaît bien.

dimanche 7 mai 2017

Le nouveau Président


Voilà,
le nouveau président a ce qu'on appelle paraît-il "les dents du bonheur".
Qu'il en profite car c'est maintenant que soucis et problèmes vont s'accumuler.
Je lui souhaite de ne pas manquer de courage ni de discernement. 
Il a désiré ardemment être là.
J'espère qu'il n'aura pas été trop présomptueux.
C'est la première fois en tous cas que le Président français parle mieux anglais que celui des Etats-Unis 
et qu'il est plus jeune que moi


près du palais des sports de Paris Bercy où se tient le championnat du monde de hockey sur glace
j'ai vu aujourd'hui quelqu'un qui buvait à la santé de la France
(qui en effet n'est pas très en forme, même si on a évité le pire)

jeudi 4 mai 2017

Sourire aux Passants


Voilà,
"Parfois un inconnu te regarde fixement 
Et tu as l'espoir qu'il puisse te consoler
Mais il baisse ses yeux sur ses lacets
Car il ne peut soulager ton tourment
Ne sois pas pessimiste pour autant
Et quand ils te parlent, souris aux passants
Nul ne peut voir comment tu es en-dedans"
                                        Erich Kaestner

mardi 2 mai 2017

Tout près du Palais de l'Elysée


Voilà,
on passe Rond-Point des Champs-Elysées, à deux pas du palais présidentiel et l'on peut voir ça. Toute cette pauvreté est indigne des grands pays européens. On vit soit-disant dans la sixième économie mondiale et le nombre de gens subclaquant dans la rue ne cesse d'augmenter depuis vingt ans. Déjà, il y a six ans j'avais pris une semblable photo au même endroit. Les présidents passent, les sans-domicile demeurent, si je peux me permettre ce mauvais jeu de mot, et il est vraisemblable qu'on en sera encore là d'ici quelques années.

lundi 1 mai 2017

La Laideur


Voilà,
sans doutes modelées par des enfants — les enfants adorent les monstres — ces affreuses petites sculptures, aperçues il y a quelques années dans la devanture d'un atelier de poterie de la rue Daguerre, et qui se tenaient là depuis si longtemps parmi mes brouillons sans que je ne sache trop qu'en faire, me paraissent — eu égard aux temps troubles que nous traversons ces temps-ci — finalement bien d'actualité et somme toute à l'image de ce condensé de bêtise, d'abjection, de prétention, d'arrogance de méchanceté que constitue depuis quelques mois ce réseau social de couleur bleue où je m'attarde trop souvent. C'est un fait avéré, la période électorale rend les gens débiles. Mais la possibilité de s'exprimer par écrit, dans le confort de son appartement, de donner libre cours à sa pensée, sans que celle-ci ne constitue pour autant une réflexion, exacerbe la bêtise qui est une chose très largement partagée. Ce qui effraie, c'est aussi la propension à l'apostrophe à l'insulte, au sectarisme, non sans quelque grossièreté comme j'ai pu le constater parfois chez certains "amis de mes amis". Il arrive même que le mépris, la haine pointent dans certains propos. "J’imagine qu’une des raisons pour lesquelles les gens s’accrochent à leurs haines avec tellement d’obstination, est qu’ils sentent qu’une fois la haine partie, ils devront affronter leurs souffrances." disait James Baldwin. La justesse de cette intuition n'en est par pour autant rassurante. Je crains que malheureusement cette période de tensions soit appelée à durer sinon à empirer. Comme si, pour remédier à son ennui, cette nation n'entrevoyait d'autre choix que celui de céder à une pulsion mortifère, à un désir sourd d'anéantissement, de violence, de destruction, bref de s'abandonner à la laideur dont elle a, tant de fois déjà au cours de son histoire, été si durablement éprise.

vendredi 28 avril 2017

L'Ennui des jours paisibles


Voilà
quelque chose qui transpire l'ennui des jours tranquilles. Je veux dire de ces jours où l'on ne savait pas encore, où l'on ne réalisait pas que la paix était précaire, et l'ennui un luxe dont on n'avait pas conscience. A quel point les choses pourraient empirer, et la situation politique, économique, écologique se transformer, on ne l'imaginait pas. On n'imaginait rien d'ailleurs, on s'accommodait de la vie difficile et des menus plaisirs qu'elle pouvait apporter. On écoutait de la musique au casque, on jouait aux "angry birds" sur son smartphone. Sans vraiment s'en apercevoir on passait des heures sur facebook, en conversations vaines et futiles où s'entretenait la croyance illusoire d'appartenir à une communauté, sans pour autant atténuer le sentiment de solitude. Le monde était fini, réduit à la surface lisse et toujours un peu sale de l'écran. On aspirait confusément à ce que quelque chose d'intense et de nouveau se produise qui ferait oublier toute cette fatigue et cette lassitude. On attendait, sans que rien jamais ne vienne, sinon le sentiment grandissant pour de plus en plus de gens que tout était joué et que dans ce monde ils n'y avait plus guère à espérer d'autre que cet hypnotique présent avec ses distractions factices abrutissantes et intersticielles et de pauvres vacances quand il était encore possible de s'en offrir (linked with the wekend in black and white)

mercredi 26 avril 2017

Le Parc de la Villa Borghese


Voilà,
cette fontaine dans le parc de la Villa Borghese, où nous nous sommes, ma fille et moi, un moment reposés pour y faire une petite sieste, j'y repense quelquefois, comme à d'autres. Lieux où nous n'avons fait que passer, mais qui nous ayant un instant saisis, donnent à éprouver une fugitive sensation d'éternité.

lundi 24 avril 2017

Aventures dans les îles


Voilà,
j'ai du mal à faire le lien entre la silhouette de cet enfant qui porte en ceinture une cartouchière de l'armée, et ce que je suis à présent. C'est le même corps, la même personne. Est ce pour autant la même identité. C'est à cette époque, nous vivions alors à Châlons sur Marne, devenu plus tard Châlons-en-Champagne, que les parents avaient d'abord loué avant de l'acheter un poste de télévision Grammont, derrière lequel se trouvait un boîtier où il fallait mettre des pièces. Comme ils travaillaient tous les deux, je passais les jeudi seul. Je regardais à midi, en mangeant ce que ma mère m'avait préparé et qu'il fallait juste réchauffer, la séquence du jeune spectateur qui retransmettait des extraits de films et ensuite dans ls programme jeunesse de l'après midi "Aventures dans les îles" et "Ivanhoe" avec Roger Moore. Je me souviens aussi d'une série qui s'appelait "les hommes volants" ("The sky diver" en anglais) et qu'un des personnages s'appelait Ken Curtis (longtemps j'ai cru que c'était Ted Curtiss). Sans doute est-ce pour cela qu'à l'époque je me suis inventé un héros, une sorte de double imaginaire qui s'appelait Jim Curtiss et qui m'a longtemps accompagné. Mais pour en revenir à "Aventures dans les îles", ces paysages me fascinaient et les aventures du capitaine Troy constituaient un moment que je ne voulais en aucun cas manquer. C'est comme ça que j'ai appris l'existence des requins-mangeurs-d'hommes. Je ne peux écouter la musique du générique sans en être encore aujourd'hui bouleversé. 



dimanche 23 avril 2017

samedi 22 avril 2017

A ce jour à cette heure


Voilà,
à ce jour et à cette heure 
l'impression de me changer un peu plus en une ombre 
de ce que j'avais autrefois espéré devenir
(linked with the weekend in black and white)

mercredi 12 avril 2017

Beau Blaireau

Paris, Carrefour Vavin Notre-Dame des Champs
Voilà,
c'est une photo prise début Avril à Paris, au premier jour vraiment chaud de l'année. Un type se selfie (on peut bien s'autoriser l'usage du verbe selfier, tout le monde comprendra) devant une belle américaine des années cinquante évoquant celles que conduit Belmondo dans le Paris de "À Bout de Souffle" de Jean-Luc Godard. Il passe cinq bonnes minutes à trouver son cadre avec sa perche. Moi je traîne sans grande envie ni but précis, juste parce qu'il faut bien marcher et sortir. Cette rencontre entre deux objets si emblématiques de deux époques bien différentes – une vie tient entre l'apparition de chacun d'eux – m'amuse et me distrait. Et puis l'homme à la perche a vraiment ce qu'on appelait dans le courant des années quatre-vingts un "tronche de blaireau". J'écris ça du milieu de la nuit, quand, après vous avoir réveillé, les fantômes se rappellent à vos douleurs.

dimanche 9 avril 2017

Les Pensées confuses


Voilà,
parfois les pensées passent, confuses. Je voudrais formuler, ne serait-ce que pour moi ce que  je comprends, perçois, imagine du monde tel qu'il m'apparaît. Préciser les raisons pour lesquelles, j'agis ou n'agis pas en telle ou telle circonstance, transcrire ce qu'il m'arrive d'éprouver à certains moments. Mais les mots virevoltent, insaisissables comme ces papillons que l'on tentait d'attraper enfant, ou bien s'enchâssent les uns les autres. Tant de choses à peines projetées demeurent à jamais dissipées. Où vont elles les idées qui se perdent ? Et les rêves qu'on oublie ? Existe-t-il un Ailleurs, un univers parallèle où toutes les idées ici perdues finissent par se retrouver et prendre forme ? Il me semble que ma vie durant, je n'aurais fait qu'entrevoir des possibilités et que je serais resté au seuil d'une vaste maison dont je n'ai pas su faire ma demeure. Plus le temps passe et plus je me sens submergé par ce que je n'ai pas pu transcrire, exprimer, transformer de mon raport au réel ou à la réalité, on m'a expliqué plusieurs fois la différence je n'ai jamais en fait bien rėussi à comprendre ou à retenir cette subtilité. C'est un des problèmes, auxquels je me suis souvent trouvé confronté. : je perçois bel et bien la complexité, mais je ne suis pas suffisamment outillé pour en rendre compte. La raison pour laquelle sans doute j'ai recours aux images par nature superficielles puisqu'elles ne rendent compte que de la surface des choses, et dans lesquelles je trouve cependant quelque mystère quand elles restituent des ombres et des reflets.

vendredi 7 avril 2017

Bien des années après


Voilà,
ils vivent dans la crasse et la négligence d'eux-mêmes. Leur maison est un désordre qui confine au chaos. Finalement la saleté de leur pensée est là tout entière dans l'environnement qu'ils se sont fabriqué. Ils ont transformé leur milieu naturel en poubelle. La jolie maisonnette qu'ils avaient autrefois acquise, ils l'ont simplement souillée comme ils ont souillé tout ce qu'ils touchent et aussi tout ce qu'ils ont engendré. Ils détestent les noirs les arabes les romanichels tout ce qui n'est pas comme eux mais l'idée qu'ils se font des noirs des arabes et des romanichels ils l'incarnent au centuple. C'est cela qui les rend abjects et répugnants, c'est cette tranquille certitude d'être clairvoyants alors que tout en eux n'est que haine et aveuglement. Cette croyance prétentieuse cette fierté déplacée qu'ils incarnent n'est que la révélation obscène de leur bêtise. Toute leur vie ils ont prôné l'ordre, le maintien de l'ordre, affirmé fièrement leur appartenance à l'armée, leur unique famille, et leur allégeance au drapeau. C'est vrai que l'armée les a pris en charge, et leur a assuré l'ordre qu'ils étaient incapable de maintenir en eux.
Manger à leur table est une épreuve au regard de la pièce répugnante qui tient lieu de cuisine. La poussière se mêle à la graisse. Bafouées, les règles de l'hygiène la plus élémentaire. Tout est sens dessus-dessous, sur la table crasseuse. La viande du chien à côté des épluchures de légumes. Tout est coupé avec le même couteau. Et quand on nettoie c'est avec des éponges si repoussantes que vous êtes aussitôt saisi par une pressante envie de vomir. A quarante ans le cadet continue de prendre régulièrement ses repas avec eux. Il mange à l'oeil et porte son linge a laver. Si tant est que laver ait un sens en ces parages. A table le père et le cadet s'invectivent en écoutant les nouvelles de la télé pendant que la mère fait le va-et-vient entre la cuisine et la salle à manger. C'est un rituel immuable. Chacun y trouve son compte. Pour la mère, ce fils célibataire qui n'aura pas de postérité reste sous sa tutelle. Tant qu'elle le nourrit il demeure sa chose, et ainsi sa vie a un sens. Quant au père il a encore quelqu'un sur qui asseoir son autorité. Cela distrait ces vieux parents de l'ennui et de l'agacement réciproques qu'ils éprouvent quand ils se retrouvent seuls en tête à tête. Ah oui, il y a aussi dans cette maison un ordinateur que personne ne sait vraiment faire marcher. Il est à espérer qu'il y ait moins de virus en circulation entre ces murs que dans le disque dur de la machine. L'aîné ne vient que très rarement. Il regarde cela avec consternation. C'est donc de cela qu'il vient. Il y a en lui, peut-être l'effrayante possibilité de devenir tôt ou tard de la sorte. Ça l'inquiète et le dégoûte à la fois. Cette angoisse et cette honte, et certaines images le poursuivront jusque dans son sommeil, demeurant encore présentes bien des années après. (linked with The weekend in black and white)

jeudi 6 avril 2017

Surprises



Voilà
pourquoi j'aime la vie : pour des journées comme celle d'hier où il y a eu de bonnes surprises. Ainsi la présence de Gao Bo et de son commissaire d'exposition à la Maison Européenne de la Photographie où je venais découvrir cet artiste que je ne connaissais pas. Ce fut donc une visite guidée dans ses pas et ses paroles et la découverte d'une œuvre puissante et essentielle. Par instants, alors qu'il nous parlait il m'est arrivé de croiser son regard, le regard d'un authentique génie. Il faut que je laisse infuser toutes les émotions éprouvées durant ce parcours avant d'en reparler, si toutefois j'en suis capable. Et puis le soir dans le train il y eut cette apparition, absurde et dérisoire, mais qu'il eût été dommage de laisser passer. J'ai discrètement fait plusieurs photos avant d'obtenir un cadrage satisfaisant. Est ce pour cette raison que cette nuit j'ai rêvé que je passais, en dépit de mon arachnophobie et sans même être effrayé du danger que je courais, un temps fou à tenter, sans pour autant parvenir à être satisfait du résultat, de cadrer dans un vaste appartement bourgeois meublé très sobrement, une mygale grosse comme un poing.
J'écris à présent cela en entendant à la radio la bande originale du film "Barry Lyndon" de Stanley Kubrick, qui m'émerveille toujours autant, mais qui me rend un peu nostalgique de cette époque où, dans la force de la vie, bien plus de choses qu'à présent m'étonnaient ; tout était découverte et me semblait riche de possibles. L'ennui même avait plus de consistance. Alors qu'aujourd'hui avec un corps souvent empêché qui cependant frémit des mêmes impatiences, il me faut composer, négocier, pactiser. Désormais je me dois à la vigilance car parfois le danger peut, simplement parce que mon temps de réaction est devenu plus long, surgir où il n'existait pas auparavant. Je ne cours plus après un bus, je renonce à passer au feu orange. Je commence à considérer certains escaliers avec circonspection. Et j'en passe. S'accommoder d'une multitude de menus inconvénients apparus peu à peu sans que je ne le réalise exige une forme de sagesse nouvelle où l'acceptation  — à ne pas confondre cependant avec la résignation — tient une grande part. Moi qui n'ai jamais pris le temps de devenir adulte, me voilà sommé de songer à la vieillesse et d'admettre non sans un certain vague à l'âme que dorénavant il y aura plus de dernières que de première fois. Aussi toute heureuse surprise est bienvenue, et des bonheurs les plus simples je fais mon miel.

mercredi 5 avril 2017

La Beauté


Voilà,
"La beauté est le nom qu'on donne à ce qui n'existe pas,
que je donne aux choses en échange du plaisir qu'elles me donnent.
Elle ne signifie rien"
                                                                             (Fernando Pessoa)

mardi 4 avril 2017

Un Air de Printemps au Jardin du Luxembourg


Voilà,
un air de printemps au jardin du Luxembourg qui me rappelle ce temps ou je le traversais en fredonnant "love her madly" des Doors.. j'avais 16 ans... C'est près du grand bassin que nous nous donnions rendez-vous avec Agnès, au premier temps de notre amour, lorsque nous habitions encore chez nos parents. Quelqu'un a dit que toute photo lutte contre le passage du temps. Je ne sais pas quel temps je préserve avec celle-ci. Celui de ma fille, sans doute, qui va sur ses 16 ans et retrouve désormais ses copains dans ce même jardin, alors que moi, je n'y marche plus d'un pas aussi allègre qu'autrefois.

dimanche 2 avril 2017

La Déception

Esplanade de Vincennes, Avril 2012
Voilà,
je regarde des photos de la période précédant la dernière élection présidentielle. Je m'étais rendu à quelques meetings de droite et de gauche pour y faire des images. Bien sûr je m'étais plus reconnu dans ceux qui s'étaient rassemblés à Vincennes que dans la bourgeoisie concentrée place de la Concorde. A Vincennes, ceux qui voteraient à gauche manifestaient une espérance nouvelle. Ils escomptaient de ceux à qui ils destinaient leurs suffrages qu'en retour on les prendrait en considération. Certains espéraient ce moment depuis dix-sept ans. Ils y croyaient. Même si j'avais du mal à adhérer à leur enthousiasme — c'est un problème croire n'est pas mon fort — je me reconnaissais dans leurs façons d'être, de se vêtir, dans leurs regards et parfois leurs sourires. Je me sentais quoiqu'à la marge, appartenir à leur communauté, du moins en partager la plupart des valeurs. J'étais comme eux, je faisais partie de ce qu'on nommait autrefois le peuple. Ceux qui n'ont pas de privilèges, qui sont obligés de veiller à ne pas s'endetter, qui sont contraints à la frugalité, à la prudence, et doivent supporter beaucoup de contrariétés. Sur l'image l'écran indique que la foule est nombreuse. Elle attend quelque chose du futur qui vient, elle est persuadée que les choses vont bouger, que le rapport de force avec le patronat va se rééquilibrer. (Je crois me souvenir qu'il y avait des choses comme cela qui se disaient). 
Il y avait aussi cette envie d'en finir avec un président agité, vindicatif et méprisant, vulgaire et affligé d'une mentalité de petit parvenu. Les gens aspiraient à être gouvernés par quelqu'un qui les comprendrait, proche d'eux. Alors ce petit homme replet, sans grand charme ni charisme, un peu bobet avec son air de notable de province et son nom de pays étranger, mais bon, pas vraiment antipathique malgré tout, ce n'était pas brillant mais ça pouvait bien faire l'affaire. Pour ma part, en proie à une crise d'optimisme totalement délirante, je supputais que peut-être il trouverait dans sa nouvelle fonction, un élan nouveau, une capacité à se hausser et à gagner en densité. Au lieu de quoi on eut juste droit à un nigaud satisfait de prouver à son ex-femme qu'il était capable de faire mieux qu'elle. Et puis très vite il fut clair que cet homme en accédant à la plus haute fonction avait aussi atteint son seuil d'incompétence En même temps que son absence d'audace et de courage, son incapacité à s'affirmer, se dévoilèrent aussi sa lâcheté, ses reniements, sa mollesse, sa bêtise. Son aspect tantôt Bouvard tantôt Pécuchet achevèrent peu à peu de le rendre ridicule. A peine au pouvoir il se préoccupait déjà de sa possible réélection en se livrant à de mesquins calculs de boutiquier, comptant sur la montėe en puissance de l'extrême droite. Une vision politique relevant de la myopie. Nulle perspective. Tout à court terme. La sortie sera misérable et vouée sinon à l'opprobre du moins au dédain, à la moquerie voire au mépris. Aujourd'hui ce peuple déçu et abandonné se désagrège pour se constituer en fractions partisanes. Chacune d'entre elles alimente, en s'efforçant de croire en un miracle, les ambitions aveugles de leaders peu soucieux au fond, des citoyens qui les soutiennent, préférant la division à l'union. On se crispe sur des certitudes sans lendemain. Certains prennent des postures radicales, mais ce ne sont que des postures. De toute façon, ces leaders politiques, quand les choses tourneront mal dans ce pays, auront les moyens de le quitter pour se parer du prestige des exilés. Ils veulent se mesurer à l'Histoire et se payent de mots. L'homme des foules, lui c'est au quotidien qu'il s'affronte, et les mots souvent lui manquent pour exprimer son désarroi. Parfois il redoute le pire. Il se dit que ce n'est pas possible. Pas ici. Mais il n'en est plus tout à fait certain. 

samedi 1 avril 2017

Pesanteur


Voilà,
un instant, j'ai été cette enfant. Un instant j'ai ressenti cette pesanteur du dimanche matin, quand vous êtes obligée d'accompagner les parents qui ont décidé de retrouver leurs amis sur la péniche alors qu'il aurait été tellement préférable de paresser dans son lit ou d'aller chez une copine. Ils parlent entre eux d'histoires de grandes personnes, ils prononcent tous ces noms qu'on entend souvent à la télévision, parfois ils parlent de la présidentielle, ils en parlent beaucoup, de l'avenir aussi ils disent c'est effrayant ou alors on verra bien, ou bien encore on n'y peut rien, parfois ils semblent s'énerver, certains disent que de toute façon on est baisés et comme ils le disent ça n'a pas l'air bien d'être baisé alors autant sortir, de toute façon on n'existe pas pour eux, c'est bien la peine d'être là, dehors il y a de gros oiseaux comme ceux qu'on voit en bord de mer, et des pigeons des cygnes aussi et des passants qui se promènent en famille et qui ont l'air tranquille. Et l'on se dit que ça serait bien d'être quelqu'un d'autre et d'avoir une autre vie.

vendredi 31 mars 2017

Sens interdit



Voilà,
ce qui fait qu'une photo me semble intéressante, je ne le sais pas vraiment. Celle-ci, je l'ai prise parce que je me sentais tout à fait étranger à ce paysage urbain. C'est une partie de Paris où je ne me rends que très rarement, et lorsque j'y vais c'est un peu une corvée. Pour moi, c'est à l'autre bout de la ville. Ensuite l'aspect décrépit de ce bâtiment voué à une destruction prochaine avec cette affiche en trompe-l'œil dans l'embrasure d'une porte condamnée, m'a retenu comme autrefois les bâtiments en ruines du quartier où j'habite depuis longtemps et qui a été totalement reconstruit dans les années 80. La photo a toujours à voir avec ce qui apparaît-aussitôt-disparaît et donc avec l'occasion qui jamais plus ne se reproduira telle quelle. Et puis cet instantané, je l'aime autant pour l'état dans lequel je me trouvais (l'Einstellung dont parle Wenders), mélange, ce jour là, de fatigue et de félicité, que pour le jeu des lignes et les détails que j'y vois et me paraissent absurdes. En outre, cette image, je l'ai immédiatement imaginée en noir et blanc, c'est à dire que j'ai anticipé le rendu de la composition, la transcription possible de ce que je voyais tout en appuyant sur le déclencheur. Peut-être la réalité rejoignait elle simplement quelque chose que j'avais déjà en tête, la sensation que tout ce que j'aperçois désormais relève des "pictures of the gone world", titre du plus célèbre recueil de poèmes de Ferlinghetti, qui m'a par ailleurs toujours fasciné, même si ce n'est pas le monde qui s'en va, mais moi qui, à plus ou moins brève échéance, serai inévitablement amené à le quitter. Linked with the weekend in black and white)

mardi 28 mars 2017

Sombre Reptile


Voilà,
la vie moderne, avec les machines qu'elle met à disposition permet de supporter les insomnies, du moins de les rendre un peu productives. De la nuit parfois, émergent des créatures monstrueuses comme surgies d'un âge antédiluvien. Il en est qui me rappellent celles que peignait Gérardo Chavez, un peintre péruvien dont j'avais découvert les œuvres à la Galerie Jean-Claude Gaubert vers 1973 ou 1974. C'est l'époque où j'ai commencé à oser franchir le seuil des galeries. J'avais même été lui rendre visite dans son atelier situé dans un immeuble du Boulevard Brune, près de la porte de Vanves. Le fait qu'il fut étranger, me rendait peut-être plus facile la rencontre, je ne sais pas. Il m'avait offert un livre où étaient reproduits quelques uns de ses pastels, et m'avait fait un dessin sur la page de garde. Bien sûr je le possède toujours. Consultant ce catalogue j'y trouve à la fin, un poème qu'il a écrit et que j'avais oublié : "Rappelons nous du grand sommeil. Nul ne pourra te séparer de ces fantômes dans ton propre miroir, spectateurs des autres, refusant ta douleur. Née comme un rêve de batailles, infatigable résurgence des tréfonds, la forme s'épanouit." 



vendredi 24 mars 2017

Monde Ancien


Voilà,
c'était il y a longtemps, un hiver, à Gray (Haute-Saône) dans un dépôt de locomotives et de michelines abandonnées. Ensevelis sous la neige les vestiges d'un monde ancien. je ne suis jamais retourné là-bas, mais déjà au début des années quatre-vingt-dix du siècle dernier, cette ville autrefois prospère (jusqu'à 1918, cela avait été un port fluvial important en France) dont la population ne cesse depuis de vieillir et de décroître donnait l'impression d'être en grande déshérence. J'ai passé beaucoup de temps et fait quelques photos dans cette gare abandonnée avec ces machines qui ressemblaient à celles du train électrique de mon enfance... (Linked with the weekend in black and white)